Du haut de sa cinquantaine bien tassée, Madame Cassia aime regarder le monde. Nous autres, captifs de nos voitures, alors qu'en pleine rêverie nous observons les nuages, pouvons l'apercevoir parfois. Immobile, on l'appelle l'observatrice. Combien de fois sommes nous passés devant elle et sa maison violine sans les voir.
A cette heure, la dame Cassia enfile ses chausses de pantouflarde et d'un pas fervent, marche vers l'entrée de sa demeure. Préalablement positionnée, la chaise au tissu jaune pisse l'attend à l'extérieur devant l'entre de sa coquille. Ses vieux os, effrayés par l'expédition et par la souplesse qu'exige l'accès du malheureux dos au poste d'observation, grincent un peu. L'étape achevée, elle s'assoit plus profondément dans la chaise avec lenteur. Dans cette chaise méticuleusement placée devant sa porte d'entrée, grande ouverte. De là, de cette sublime création tout en chêne, elle a vue sur les environs et c'est ça qui la branche Madame Cassia. Chaque jour, la dame obéit donc à son habitude et regarde passer les voitures. N'ayant d'autres distractions que celle de regarder le passage des bolides polluants, elle a appris à tirer de celle-ci un plaisir des plus simples. La tourte aux champignons sur laquelle se retrournaient autrefois ses narines affamées, n'ont désormais plus goût que pour le dioxyde de carbone et les vrombissements qui le décore. Lorsqu'elle aperçoit un nouveau modèle de voiture, ses orteils s'émoustillent d'une même vigueur et s'agitent sur la piste de danse de sa chair flétrie. La dame étire alors un sourire de carnassier et salive autant qu'un loup à la vue d'un randonneur. Les pieds dans le vent, comme sur une plage où les p'tits people d'une autre trempe se farcissent au soleil, Madame Cassia bronze ses pieds blanc. Aux UV de dioxyde, cela va sans dire, car Madame ne s'expose pas au soleil, non. Elle porte fièrement le béret la protégeant du vil soleil. Ses narines, elles, dégustent à tout poil les pots d'échappement à roulettes.
Néanmoins, sans la moindre rancoeur écologique, ce spectacle lui chante de l'amour à l'humeur, et elle affiche un sourire béat. Madame vis, Madame souris. Une morale au ras de l' assiette, une morale simple en somme et dont les composants, mots trop simples, n' intéresse personne. Humains. Hou hou mains, levez-vous! Alors tous petons en l' air, adossés à la seconde chaise posée devant elle, Madame Cassia regarde les gens filer. Filer de l' étroit passage qui traverse son village à elle, son lieu dit de personne. D'elle seule, de son rat blanc et de sa bouche ankylosée de solitude. Madame Cassia savoure la route qui l' attache encore à la civilisation humaine. Elle ne tient que par ce macadam puant de trafic. Si cette route n'était pas fréquentée par les hommes, elle sentirait bon, cette route. Question nature, oui Madame, ça sentirait meilleur, mais qui se rappellerait alors de la p'tite dame. Elle serait calme et paisible, la route. Elle transformerait Madame Cassia en affreux et horrible bonhomme des neiges. Alors, seule, elle serait la proie d'une étrange bestiole. Monstre de Frankenstein rejeté par MessieursDames Monde, rencontreraitcette Madame Gorille des brumes montargnardes et qui sait... Mais de cela nous nous saurons jamais rien. Ou imaginons... la maison de Madame Cassia serait un véritable petit paradis, dont les herbes coloniseraient peu à peu le chemin humain. Monstre de Professeur Dingo et Madame longs poils blanc vivraient heureux, oui je le veux! Les broussailles recouvreraient la preuve de leur passage, et seule comme Eve aux prémisses du monde, elle serait heureuse sans savoir pourquoi. Bien sûr Madame Lavabo s'ennuierait et Madame commettrait l'erreur de demander trop. Monstre de Frankenstein ne voudrait pas aller chez le diététicien, et Madame Cassia déçue, s' emmerderait. Le vice attendu viendrait tardivement et le crime la charmerait gentiment. Progressive est l'évolution vers l'au delà. Sur son transat jaune pisse, elle pensera avec une exaltation sans nom, au façon de faire cuire la tronche de ce marmot pas beau. Finalement elle se jetterait sur le vice, la route de l'ailleurs. Ainsi appelait-on la tentation dans l'Ancien Temps, paraît-il... Elle se jetterait dessus avec avidité, m'a t-on dit. Comme Eve s' était jetée sur la promesse faite par le serpent. La mort de l'Ancien monde, et la naissance du nouveau ou du Néant.
La route, sinueuse et viciée du serpent, offrant le changement attendu, appelle alors cette mignonne et gentille Madame Cassia. La malheureuse, aveugle d'espoir, comme nous le sommes tous, se jettera avidement dessus, avant que celui-ci ne la tue. Ressusciteras-tu Madame Cassia? Ou le Saint et promis Paradis te filera t-il entre les doigts comme la route vers une autoroute à laquelle tu n' as pas droit. Loin et ailleurs de tout ce qui t' es connu.
Dix minutes plus tard, Madame Cassia se fait renverser. Ce véhicule bourré de mensonges et de désillusions dont l'homme a gavé le large coffre, a emprunté le serpent. Le serpent fuit encore et les hommes, toujours plus nombreux l'emprunteront éternellement, aplatissant toujours plus, la vieille peau de Madame Cassia.
Serpent ou la Route du Paradis.
vendredi 10 août 2007
mercredi 16 mai 2007
dimanche 22 avril 2007
Léchant le sol
"Où ça? Mais je t'attends depuis dix minutes. Quoi? ... Et t'as pas pensé à me prévenir...Allez oublie, ouais c'est ça à la prochaine." Elle raccroche.
Au vide, "C'est bon qu'elle se calme." Le portable toujours dans les mains, il soupire d'incompréhesnsion pendant que de l'autre côté elle pleure.
Quinze minutes de marche à pied plus loin, elle continue son chemin, le portable en plein marathon. Textotant son poseur de lapins, elle sent de nouveau monter les larmes et crache ce flot soudain sur l'écran griffé de l'appareil. La chorale de sanglots recommence tandis qu'elle accèlère la cadence. Un pas chancelant lui fait rencontrer le côté d'un poteau et libérée de la pensée d'antant, la douleur prend le dessus. Le portable tombe. D'un "poc" il s'écrase sur le sol mouillé. Un juron accompagne la constatation et l'abaissement jusqu'au vecteur de l'être aimé la ploie jusqu'au macadam puant. Agenouillée, tentant de remettre la coque de l'objet, un son lui fait lever les yeux, qui restent aveugles à la source de cette manifestation sonore. Le rabaissement de ses yeux lui montre que seule et face à l'objet brisée, son histoire avec lui est déjà morte. Humiliée de sa faiblesse d'évidence elle se relève par étapes et s'appuie sur le poteau en question. Un trait noir jaillit de son âme lui faisant faire un pas. Un crissement d'agonie brise le plastique de la communication, son pied ferme et lourd de vengeance broie l'illusion. La veine de colère gonflée de son front s'acharne en un apitoiement de la durée tortionnaire, car deux minutes plus tard, il ne reste que des cendres du cadeau high-tech de son homme d'autrefois.
Au vide, "C'est bon qu'elle se calme." Le portable toujours dans les mains, il soupire d'incompréhesnsion pendant que de l'autre côté elle pleure.
Quinze minutes de marche à pied plus loin, elle continue son chemin, le portable en plein marathon. Textotant son poseur de lapins, elle sent de nouveau monter les larmes et crache ce flot soudain sur l'écran griffé de l'appareil. La chorale de sanglots recommence tandis qu'elle accèlère la cadence. Un pas chancelant lui fait rencontrer le côté d'un poteau et libérée de la pensée d'antant, la douleur prend le dessus. Le portable tombe. D'un "poc" il s'écrase sur le sol mouillé. Un juron accompagne la constatation et l'abaissement jusqu'au vecteur de l'être aimé la ploie jusqu'au macadam puant. Agenouillée, tentant de remettre la coque de l'objet, un son lui fait lever les yeux, qui restent aveugles à la source de cette manifestation sonore. Le rabaissement de ses yeux lui montre que seule et face à l'objet brisée, son histoire avec lui est déjà morte. Humiliée de sa faiblesse d'évidence elle se relève par étapes et s'appuie sur le poteau en question. Un trait noir jaillit de son âme lui faisant faire un pas. Un crissement d'agonie brise le plastique de la communication, son pied ferme et lourd de vengeance broie l'illusion. La veine de colère gonflée de son front s'acharne en un apitoiement de la durée tortionnaire, car deux minutes plus tard, il ne reste que des cendres du cadeau high-tech de son homme d'autrefois.
Wouhou!

J'adore le printemps! Mes pattes courent dans tous les sens et les longs retours à se taper en rentrant de soirées ne sont plus des corvées. Il fait bon, plus de manteau ni d'écharpe étouffante parce que le soir ça caillait. Les fringues de "beau temps" sont sortis du placard et les écouteurs se scotchent aux oreilles. Et parce que mes chers et tendres s'inquiètent pour moi je ne manque pas de prendre ma compagnonne Lacrymo avec moi. Le ciel est clair, la musique fait planer et les photos s'enchainent. No problem, hormis vendredi soir "Et viens viens on va baiser, viens viens!" AAAhhh au secours mais qu'ont-ils ces mâles? Excepté ça les gens surfent sur de bonnes ondes ces derniers temps. D'accord, la bonne humeur vient en grosse partie d'avoir été au SPRRINNG FESTTIVAALL hier soir. Les groupes Babylon Circus Experience! Khod Breaker et les Dirty Fonzy! se sont mixés pour donner Dirty Babylon Breaker et Playtime, wouhouhou! La coconut et ses deux potes n'ont pu s'empêcher de danser furieusement. Les cours se terminent bientôt, j'ai organisé mes vacances, je passe bientôt le permis, le festival SKABAZAC approche et la fin des cours aussi, j'adhère! Sur cette bonne humeur je m'en retourne voir mes parents qui parlottent politique.
vendredi 30 mars 2007
Connemara
Iah iah iah, certes on a pas réuni toute la section de Lettres Modernes hier, mais on a bien fonfonné! Et à l'aise Blaise, on était autant que prévu finalement(à deux exceptions prêt), et au Conné au lieu du Sulli. Aussi assoiffés et affamés de détente que peuvent l'être des étudiants après des partiels, les boissons ont colonisé les tables. Pour qu'on arrive à réunir tous les LM va falloir en motiver pas mal, mais d'ici-là inutile de les attendre pour festoyer: BBBooonnneessss VVaaacccaances!
vendredi 9 mars 2007
Eh
Malade, des grosses gouttes d'aliments digérés s'échappent de mon gosier. Hum, appétissant tout ça, navrée mais c'est ma petite vengeance envers vous, ô chanceux qui pouvaient vous nourrir sans foncer en direction des toilettes sur un plancher glissant, avec évidemment les bonnes grosses chaussettes en laine qui vous font déraper sur tout le couloir. Miam miam, aille aille, et mauvaise humeur à la clé? Justement non. Alors est-ce mon jeûne forcé, le transport de douze cartons de carrelages d'un bout à l'autre de la maison, ou les retrouvailles familiales bien folichonnes ce soir qui me font sortir la banane je ne sais pas. Oui, on a la connerie joyeuse et solidaire. Malade (on s'en moque) et puis remontage du court-métrage, d'ailleurs très pratique à faire quand les autres participants habitent loin, hein! On monte, on descend, on finira bien par le finaliser. Demain toulouse en speed, juste de quoi visiter le Musée des Augustins et on me ramène à Albi. Musique...Pour les amateurs, les Malpolis qui étaient passés à la fac et au théâtre d'Albi il y a quelques temps, passent à Toulouse la semaine prochaine. Un spécimen familier appelle au kir, bonsoir.
lundi 5 février 2007
Pas la peine.
La discussion battait son plein, bien mangé bien bu et la peau bien tendue. Happy evening en quelque sorte. Happy life, happy time! D'autant que la semaine qui vient de passer a été excellente. Joie dans la tête.
Mais quelque chose ne va pas. Un malaise. Je l'invite à m'expliquer. Quelque chose craque, ça sort. Brusquement. Quand ce n'est pas la merde qui vous tombe directement sur la frimousse, il faut qu'elle tombe sur celle de l'un de vos proches. Evidemment. Evidemment le sujet en question fait mal. Je suis incapable de vraiment l'aider, la moindre confidence me fait flancher. Parce que je connais. Souvenir du passé. Je n'y arrive pas et j'ai la haine. Les mots ne sortent pas. Blocage total. Injustice. C'est la première fois que je me sens amputée de la faculté d'aider quelqu'un que j'aime.
La folie.
On s'est attaqué à quelqu'un que vous aimez profondément, on l'a écrasé. Le crachat abjecte sur un corps. La haine de voir, encore. Il faisait beau aujourd'hui. Je ne supporte plus rien. La fin des cours, j'abandonne mon sourire comédien. L'attente du bus, les collégiens s'entassent, deux filles sont assises sur le même banc que moi, elles critiquent à la volée toutes les personnes qui passent, en machant élégamment deux ou trois chewing-gum. Ca casse, je me casse.
Avant ça, aujourd'hui,le sourire toute la journée, mais intèrieurement ça foire. On appelle ça dégobiller proprement. Le jeu du "je vais bien" a marché divinement. C'est bon de retrouver la fac, de reparler avec ces personnes qui font depuis quelques mois partie de votre vie, mais ça foire. Ma tête foire sur toute la ligne. Chouettes retrouvailles. Ce soir, rien. Demain, "Oui oui je vais bien". Oui, j'irai bien. Faudra.
Mais quelque chose ne va pas. Un malaise. Je l'invite à m'expliquer. Quelque chose craque, ça sort. Brusquement. Quand ce n'est pas la merde qui vous tombe directement sur la frimousse, il faut qu'elle tombe sur celle de l'un de vos proches. Evidemment. Evidemment le sujet en question fait mal. Je suis incapable de vraiment l'aider, la moindre confidence me fait flancher. Parce que je connais. Souvenir du passé. Je n'y arrive pas et j'ai la haine. Les mots ne sortent pas. Blocage total. Injustice. C'est la première fois que je me sens amputée de la faculté d'aider quelqu'un que j'aime.
La folie.
On s'est attaqué à quelqu'un que vous aimez profondément, on l'a écrasé. Le crachat abjecte sur un corps. La haine de voir, encore. Il faisait beau aujourd'hui. Je ne supporte plus rien. La fin des cours, j'abandonne mon sourire comédien. L'attente du bus, les collégiens s'entassent, deux filles sont assises sur le même banc que moi, elles critiquent à la volée toutes les personnes qui passent, en machant élégamment deux ou trois chewing-gum. Ca casse, je me casse.
Avant ça, aujourd'hui,le sourire toute la journée, mais intèrieurement ça foire. On appelle ça dégobiller proprement. Le jeu du "je vais bien" a marché divinement. C'est bon de retrouver la fac, de reparler avec ces personnes qui font depuis quelques mois partie de votre vie, mais ça foire. Ma tête foire sur toute la ligne. Chouettes retrouvailles. Ce soir, rien. Demain, "Oui oui je vais bien". Oui, j'irai bien. Faudra.
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