jeudi 15 janvier 2009

Autofun

Les photos pour moi ça a toujours été supplice. Le manque de confiance en soi, se détester en photo, donc je tirais toujours une tronche de 10 kilomètres comme si quelqu'un était mort. Il n'a quasiment qu'avec Aude et Ingrid que j'ai des photos tordantes, je décode: moi avec un sourire et faisant la mariole. Maintenant l'appareil envers et contre moi, le flash dans les yeux et l'objectif au ras du nez c'est l'invitation à la connerie et l'autodérision. Ce n'est plus un problème. Self foutage de gueule et je suis heureuse en 2009 pour un tas de raisons.



Et vive le sport, ma patte va beaucoup mieux, bandage à l'appui. Courir couriiiiirrr. Et parce que ça ne se fait pas sans musique:

-Palace inopia, www.myspace.com/palaceinopia
-Aside from a day, www.myspace.com/asidefromaday

mardi 13 janvier 2009

L'Athanor je t'aime!

Je reviens de la Scène Nationale, le sourire sur le visage, blasée d'avoir un partiel demain matin pour ne pouvoir en parler davantage avec N, cher compère qui partage mon opinion sur "Hansel et Gretel",pièce grandiose et rien de moins non! Perfect! La mise en scène reconstituant un diner de mariage pose autour d'une table plusieurs télés. Tout est orchestré de A à Z, les dialogues entre les deux personnages/mariés/frère et soeur se font déchirants à mesure que ce tabou social monstrueux progresse dans les différentes voix télévisées. Les voilà donc à jouer leur mariage, à parler à des invités fictifs (qu'ils interprètent eux-mêmes)et qui prennent vie dans des télés qui se font convaincantes à l'excès. On y croit, on se prend à la pièce, l'illusion est parfaite, on les croirait à table avec eux, mais tout n'est que mensonge, leur mariage ne peut avoir lieu aux yeux des autres, et encore moins sous ceux de leur famille. Le concept de la vidéo et du maquillage/déguisement qui rendent les deux acteurs "autres" est un atout majeur de la pièce.
Depuis le début de la saison c'est la meilleure pièce, talonnée de près par deux autres mais zut le choix est fait. Merci au remplacement! et dire que je n'étais pas censée bosser ce soir, enfin de toute façon je l'aurais vue, les copines étaient dans la salle, mais hé hé avantage j'avais un meilleur point de vue. L'Athanor je t'aime! Ruez-y vous! Depuis le temps que je parle d'écrire sur une pièce, c'est fait! L'Athanor, tu me manqueras l'année prochaine, mais le TNT ^^ ça sera bien aussi.

"Hansel et Gretel"
Texte Jean-Benoît Ugueux et Anne-Cécile Vandalem
Mise en scène Anne-Cécile Vandalem.

La pièce repasse demain, damned et j'ai ce foutu baby-sitting.

lundi 12 janvier 2009

Coanthem recrute!


Appel à tous les chroniqueurs qui s'ignorent! Coanthem a besoin de vous, car même si le blog tourne bien et fournit régulièrement des articles ça serait sympa d'avoir de nouvelles plumes au sein du collectif. Aux blogueurs en mal de support, aux dingues de musique, aux accros des concerts ou de l'écoute dans le canapé, la curiosité est forte de savoir ce que vous écoutez terrés dans votre chambrine (à moins que ça ne soit dans votre bolide quatre roues, mais reste qu'on stocke rarement ces CDs dans sa cuisine que je sache, encore que, au petit déj' le bol de céréales en battant le rythme ça peut être sympa). Jeunes gens, et kuf kuf moins jeunes, si ça vous dit d'écrire de temps à autre, vos groupes phares en étendard et plein d'un enthousiasme bouillonnant, ça serait sympa de voir Coanthem s'enrichir de votre patte. Pensez à tous ces groupes chers à votre organe palpitant qui sont sur le point de spliter ou qui restent dans l'ombre parce que personne ne parle d'eux. Alors pour une fois qu'on peut parler de responsabilité intelligente, de pub légitime (comment ça paradoxe?) et bien c'est l'occasion d'agir. N'hésitez pas à envoyer un mail si ça vous intéresse!

noailledecoco@hotmail.fr (myself)
coanthem@gmail.com (Thibs)

dimanche 11 janvier 2009

Youhou!

Je suis nouvellement chroniqueuse pour Chazik. (http://www.chazik.com) Mon premier article est sur l'album "Broken Silver Cigarette In Tristan Da Cunha" de Dona Confuse.
Et un nouvel article sur Coanthem! sur "Sinner" de Drowning Pool.

samedi 10 janvier 2009

The Seven Mile Journey "The Metamorphosis Project"


Fuuh, que du bon, j'ai trouvé quel groupe fera l'objet de ma prochaine chronique, ou pas... si l'album ne met pas trois plombes à arriver, ce qui est souvent le cas. Et comme je ne passe pas mes journées sur les myspace, eh non j'ai autre chose à faire de mes journées, c'est à Noïse que je dois cette découverte. Décidément ce mag est très bon!

Brrr, tremblez mortels. Le partiel est passé, petit retour sur le Gothique en Littérature

Le Romantisme Noir (à travers la littérature) et le Mouvement Gothique, par Ombeline Duprat.

Il s’est à peu près tout dit sur le “mouvement gothique” et ce depuis les années 80, décennie à laquelle tous s’accordent à faire naître ce terme. Des laïus, lapsus, critiques et louanges. Les journalistes des quotidiens s’enflamment dès lors qu’apparaît le mot gothique où l’amalgame du satanisme revient de manière récurrente. Les clichés sont véhiculés par des professionnels peu scrupuleux, s’emparant de l’image d’un Manson déluré pour en faire le porte-parole d’un mouvement de dégénérés nazis, histoire de donner une part de frisson au grand public qui n’attend vraisemblablement des médias qu’à être choqué.
Le mouvement gothique a trop longtemps été acculé, pris à part comme une secte et non jamais comme une philosophie de vie ou un état d’esprit particulier. La question du mouvement gothique est à la fois facile et complexe. Facile car on en connaît les bases mais encore faudrait-il en connaître les fondements, s’ils en sont. Cet article étudiera le contexte de création de ce mouvement, quels en étaient les prémices et de quelle manière il se manifeste aujourd’hui.
Mais voyons d’abord à travers la littérature comment se définit le romantisme noir qui est l’une des caractéristiques du mouvement gothique dans son sens noble (nous ne parlons pas ici de “gothisme” qui est une aberration.)
Littérature Gothique et Romantisme Noir
Au commencement…
Aux sources de tout, le “Roman Gothique” auquel on associe bien souvent la plupart du temps Le Fanu ou Lewis avec les sémillants Carmilla et Le Moine. Et pourtant le terme de “Roman gothique” remonte au XVIIIème siècle, en Angleterre encore, selon la dénomination de l’excentrique Horace Walpole (1717-1797) dans un roman intitulé Le Château d’Otrante : A Gothic Story qui posera les jalons fondamentaux de ce genre littéraire.
Il faut prendre le temps de décortiquer quelque peu cet ouvrage paru en 1764 pour bien comprendre les bases du “gothic roman”. L’ouvrage se présente comme une chronique (rappelons que l’époque médiévale a beaucoup influencé la fin du XVIIIème et le XIXème siècle dans le sens où on redécouvre cette période dite barbare et d’obscurantisme. Les chroniques comme celles écrites par Jean Froissart furent un tremplin pour l’imagination débordante et romanesque des gens de l’époque.) Et le texte fleurte avec la légende tandis que l’espace est occupé tant par la description de ruines, château et toutes sortes de lieux dits “romantiques” mais également de lieux spatiaux avec la présence de l’Orient, l’Italie, l’Espagne1. La présence de thèmes récurrents tels que l’amour, la sexualité, la mélancolie et le pouvoir sont au coeur du sujet. Il s’agit là de ce qui régit la vie de l’être humain et le mène aux affetis ou inversement, à transgresser la loi. L’image du héros tourmenté, en proie à ses sentiments et à sa conscience, sera l’occasion pour écrivains et peintres de débattre sur la nature profonde de l’humain et d’enchaîner sur la transgression tant morale que sexuelle et tout ce qui conduit l’homme dans l’abîme. Les héros de ces livres sont toujours livrés à leur destin, contemplant leur avenir brisé dans la nature silencieuse, au clair de lune ou à l’aurore. Nous avons tous en tête le tableau voyageur contemplant une mer de nuages de Friedrich où l’énigmatique homme en noir contemple la barrière de montagne à la lisière des cieux. Voilà pour les principales caractéristiques. Bien sûr, il faudrait consacrer une étude complète à cet ouvrage avec citations à l’appui pour en saisir la nature exacte, toutefois, nous allons voir d’autres exemples bien plus connus pour illustrer les propos ci-dessus.
Mais ceci n’est Mais ceci n’est pas que l’affaire d’une seule et même personne. À cette époque en Angleterre, on observe la naissance simultanée du Graveyard School of Poetry, groupe de 18 poètes, parlant de la mort dans des élégies sans que celles-ci ne soient destinées à être lues à la suite d’un décès. L’imagerie utilisée par les poètes veut que l’émotion, les valeurs morales et psychologiques priment avant tout. La mort devient un fantasme, d’autant plus qu’à cette époque, dans l’Angleterre des années 1840/50, les cimetières de ville sont supprimés pour créer des cimetières en extérieur, loin des vivants. L’imaginaire se met alors en branle et les morts qui sortent des tombeaux le jour du Jugement dernier n’est pas très loin, puisque les auteurs sont chrétiens en majorité.
Toutes les bases sont réunies pour permettrent au XIXème de cimenter sa propre vision de l’homme inscrit dans les premières révolutions industrielles tout en gardant une mise en scène digne de la noirceur d’un Mark Akenside ou d’un William Mason, pour n’en citer que deux.

1 Ce sont ces mêmes pays qui inspireront “romantiques” et… Victor Hugo. L’Orient sera un thème très largement utilisé au XIXème par de nombreux artistes tels que Baudelaire tandis que Hugo se chargera d’écrire les Orientales. Le peintre Delacroix honorera également cet amour pour ces contrées lointaines perdues dans l’encens avec Les ruines de Missolonghi où l’allégorie de la Grèce se trouve revêtue d’habits orientaux. L’Italie avec notamment Michel-Ange et Caravage n’aura de cesse de les influencer tandis que Hugo s’entichera de l’Espagne : « Mont d’Aragon, Galice, Estramadoure ! Oh ! Je porte malheur à tout ce qui m’entoure ! » Hernani.

Le Romantisme Noir à travers la littérature du XIXème siècle

Cette partie ne sera qu’une ballade parmi la littérature la plus connue du XIXème où le Romantisme noir sera mis en avant. Quelques citations et extraits de textes viendront compléter cette partie qui se veut surtout poétique.
L’atmosphère, les lieux sombres, inquiétants mais d’une profondeur solennelle, d’une crainte conduisant le badaud au respect tel que les ruines, les églises, les cimetières sont utilisés et réutilisés dans le roman dit gothique. Le sentiment d’errance, de vagabondage à l’image d’un Ruy Blas, tourmenté par l’amour et éconduit à la suite du meurtre de Don Saluste, est un phénomène récurrent. Michelangelo Merisi dit le Caravage était très apprécié des “romantiques” pour ses épopées à travers l’Italie, le caractère romanesque de ses frasques (assassinat sous le coup de la colère), son exode et sa mort (qu’on imagine) sur une plage. C’est ce genre de caractère qui fascina les écrivains de l’époque. L’âme tourmentée, en proie aux amours impossibles ou confrontée à des morts atroces et injustes, la passion prime avant la raison. Le roman ou le drame se veut social, mettant le peuple en avant et s’inscrit dans le contexte de l’époque où la tyrannie vaincue de 1789, la tyrannie de la bourgeoisie, la tyrannie de ses pairs et des pères comme dans le Château d’Orantre est réduite à néant. Victor Hugo ira jusqu’à dire que « la poésie ait la même devise que la politique : TOLÉRANCE ET LIBERTÉ ». (Préface d’Hernani, 1833)
En France, les premiers ouvrages gothiques furent ceux de Willian Beckford avec Vathek et le Manuscrit trouvé à Saragosse de Jan Potocki. Les auteurs du roman gothique utilisent toujours les mêmes péripéties de vie : viol, inceste, meurtre, vengeance, rêve jusqu’à glisser naturellement vers le fantastique, genre qui vit le jour avec le roman gothique. Mais pourquoi fait-on souvent le rapprochement entre roman gothique et fantastique ? Le fantastique permet au narrateur de construire son intrigue sur des thèmes noirs tout en y rajoutant des éléments fantasques mais surtout fantasmagoriques. Les romans, surtout proposés à la petite et moyenne bourgeoisie, devaient permettre au lecteur de réaliser une véritable introspection de lui-même par rapport aux personnages représentés. C’est le siècle où l’on apprend à se découvrir, à découvrir ses facettes plus ou moins obscures, où l’on se différencie de l’autre, de l’Autre. C’est avec ce siècle qu’apparaît, chez les anthropologues, “la notion de race”. Siècle où l’on mesure, par exemple, les périmètres crâniens pour déterminer si notre crâne n’a pas le profil des tueurs, des psychopathes, de ceux qui commettent des excès en tout genre ! Mais ne laissons pas Gobineau et compagnie interférer dans nos propos !
Les fameuses oeuvres de Lewis ou de Radcliffe parviennent jusqu’à la France sans toutefois faire réellement pulluler le genre ni même imposer son propre style : les Français empruntent le genre du gothique anglais, certains se trouvent en droit de dire qu’ils en sont les héritiers directs.
Et le fantastique dans tous ça, ce genre littéraire né des veines du roman gothique ? Il est arrivé avec Poe (1809-1849), avec Lovecraft, chacun nourrissant un style que l’époque surnommait de gothique victorien ou de néo-gothique. Un style où se mêle l’étrange, le malaise, un fantastique habile où l’on nage entre nos rêves, nos chimères, nos fantasmes et le doux sentiment de frayeur que l’on ne veut pas quitter. Baudelaire (symboliste) n’a t-il pas dit de Poe et de ses Histoires Extraordinaires : « Edgar Poe aime à agiter ses figures sur des fonds violâtres et verdâtres où se révèlent la phosphorescence de la pourriture et la senteur de forage. »
Mais observons la prose de Poe ; Morceau choisi :
« La Mort Rouge avait pendant longtemps dépeuplé la contrée. Jamais peste ne fut si fatale, si horrible. Son avatar, c’était le sang, - la rougeur et la hideur du sang. C’étaient des douleurs aiguës, un vertige soudain, et puis un suintement abondant par les pores, et la dissolution de l’être. Des taches pourpres sur le corps, et spécialement sur le visage de la victime, la mettaient au ban de l’humanité, et lui fermaient tout secours [...] ». Des camaïeux de rouges, de noir, la description de la peste se fait tout en couleur et la maladie se retrouve personnifiée. On rentre dans l’horreur avec une certaine complaisance, et on glisse sur ces mots au même titre que le bataillon de larves grouillantes qui viendront prendre possession du corps. Ce corps qui révulse et fascine, ce corps qui pourrait être le nôtre, ce miroir qu’est l’Autre. Et à côté de cela, l’Assassinat de deux femmes dans la Rue Morgue, toujours de Poe, sans aucun indice, les issues de leur appartement étant condamnées de l’intérieur. Le Mal rode toujours, invisible, mystérieux. Il est chimère, intriguant.
Mais le fantastique n’est pas là que pour faire peur mais aussi donner une contenance à une possible vie après la mort. Qui n’a jamais frémit ou versé une larme sur l’histoire de La morte amoureuse de Gauthier. Pauvre Clarimonde réduite à l’état de cendre et d’os calcinés par le prêtre Sérapion alors qu’elle fut découverte dans son tombeau, une goutte de sang perlant au coin de ses lèvres :
« Et de sa bouche de morte, sous le portail de l’Eglise, sorti des mots d’un romantisme exacerbé à l’intention de Romuald, son amant de curé : […] N’étais-tu pas heureux ? et que t’avais-je fait, pour violer ma tombe et mettre à nu les misères de mon néant ? Toute communication entre nos âmes et nos corps est rompue désormais. Adieu, tu me regretteras. » Aujourd’hui, l’on peut considérer que le XXème siècle n’aura pas fait naître de personnages clefs et fantasque comme un Dracula ou une Carmilla, hormis Anne Rice et son Lestat ou encore Lovecraft au début de ce siècle…

lundi 5 janvier 2009

Le Mentor et l'Ailleurs

Décembre, Janvier de très bons mois pardi! Et ce malgré la charge affolante de boulot. Je suis dans une phase très optimiste, sans accidents d'humeurs, l'oisiveté au placard et l'activité comme étendard. Beaucoup de bien en peu de temps, et la merde n'arrive plus à m'atteindre. Deviendrais-je insensible? Nan, tout faux, et c'est exactement le contraire. Mon regard critique arrête de tiquer pour trois fois rien et je me suis résolue à admettre que certaines personnes ne peuvent pas répondre à mes attentes, comme moi aux leurs. Les amis se comptent sur les doigts d'une main, mais que dis-je non sur les deux, yiou! et c'est foutrement bon qu'ils soient là au dessus de tous les autres (auxquels je ne claque pas la porte au nez, au contraire). A tourné la clé, a démarré en trombe. Merci à des discussions fondamentales, aux moments de rigolade et aux prises de conscience qu'il est toujours bon de se prendre en pleine face. Et un spécimen, pilier de mon quotidien universitaire, est devenu le modèle entre tous. Mon prof de TER, puits de savoir dont tu bois les paroles tout en notant le moindre mot de ce qu'il dit, résume à lui seul l'intérêt de la Fac. Agrégé de Philo et de Lettres Modernes, ça va, le mec a un sacré CV et des anecdotes rigolotes qui te font sourire en cours (phénomène rare chez les spécimens profs). Quand Dieu (je l'appellerai ainsi pour respecter son identité, sauf pour les Lettreux de ma section qui se baladent pour ici) te balance que le dossier sur la thématique de "l'Autre et l'Ailleurs" se doit d'avoir la même consistance qu'un mémoire (dans la mesure du possible) tu fais d'abord la grimace "Ah ah petit joueur, tu veux nous faire manger la moquette". En même temps pourquoi pas. C'est le genre de nouvelle qu'avec le recul tu applaudirais bien des deux mains. Le fait de voir grand te booste sacrément la motivation, surtout quand il nous a dit son désir d'avoir un ressenti puissant de la recherche à la lecture des dossiers. Pigé! Du coup tu lis au maximum, tu te farcis toutes les analyses conseillées par Dieu, tu vois au taquet de films, tu cherches des illustrations, tu cites, tu affines le sujet avec une problématique perso plus ciblée, et tu commences à rédiger. Sans donner ma problématique et tout le bataclan, mon choix pour le TER s'est porté sur L'ami retrouvé de Fred Uhlman. Cette oeuvre est un roman relativement court, certains en parlent comme d'une longue nouvelle, après c'est à chacun de voir. C'est juste fou de voir qu'on peut s'absorber à ce point dans un sujet (pour faire court, l'histoire de l'amitié entre deux garçons en Allemagne pendant l'émergence du nazisme). J'avais toujours été déçue de ne pas trouver à la Fac un mentor, un guide spirituel, une Muse, appelez ce quelqu'un comme vous voulez. Ce n'est pas le qualificatif qui m'importe mais l'impression d'avoir enfin trouvé un trésor humain à la Fac. Lui au dessus de tous les autres enseignants sait comment inciter à la recherche, au dépassement, au perfectionnisme. En nous expliquant que par son dossier il pourrait juger de notre capacité à faire un Master l'an prochain, j'aurais pu me dire "Ah, pas pour moi", mais il émane de lui quelque chose qui te fait apprécier la lecture, l'ouverture aux Arts, le désir de comprendre en abordant tous les domaines d'enseignements (Littérature comparée, Philosophie, Cinéma, Histoire, Géographie, Géopolitique...) en rappelant que la vie est faite d'échanges et qu'il suffit d'ouvrir les yeux pour les voir, que le monde est l'écho d'un savoir centrifuge phénoménal et digne d'intérêt. Les individus s'inspirent, les différents points de vue apprennent les uns des autres, tout ça se reconnaissant dans un désir de savoir que rien ne peut enrayer. J'aimerais comprendre et aborder le monde avec la même ouverture, la même voracité, la même passion, le même désir de découvertes que lui. Cet homme est un magicien qui m'a rendu les révisions de ces vacances passionnantes au lieu d'ennuyeuses (pour le latin et la linguistique c'est une autre histoire). Ses mots expriment l'essence du savoir, cet élan curieux qu'est le désir de découvertes. Par ailleurs, mon exposé pour la Littérature Comparée m'a rappelé à quel point j'aime Cité de verre de Paul Auster. Passer des heures à travailler un sujet n'a jamais été un problème, mais pour la Linguistique et le latin je ne ressentirai jamais cette soif incommensurable d'apprendre. J'ai beau râlé, la Fac a vraiment du bon, comme quoi les rencontres les plus fortes ne se font pas toujours là où on les attend.

Et Ouawh! le réveillon, TRES bon! (c'était LA phrase hors sujet).