L'écho de la première parole terminait de résonner quand les lèvres de son créateur se mirent à trembler, plusieurs fois, comme hésitantes à donner des descendants à ces mots précédents. Avait-il été trop loin cette fois? En face, sa petite fille le fixait de grands yeux ronds qui ne clignaient plus. Oui, il était allé trop loin. Les mains de Mathilde se posèrent sur la table, molles et affalées. Autour de cette table autour de laquelle ils étaient assis, le silence s'épaississait. La jeune femme semblait soudain avoir retrouvé son mutisme d'enfance et visiblement son corps venait de raccrocher lui-aussi. Par les mots dégottés maladroitement par son grand-père, Mathilde se retrouvait désarmée, nue et transie de froid, les mauvais souvenirs lacérant ses membres d'une douleur montante.
"Mathilde, Mathilde, dis quelque chose. Qu'est-ce qui ne va pas?". A cet appel incapable, un sourire en coin vint tirer la langue à la question.
Mais que racontait-il ce grand vieux? Quel incapable! Il sort le scalpel et s'imagine réduire les dégats avec un klinex? Encore un qui l'aime et qui ne peut pourtant pas l'aider. Stoïque mais humaine, le mal grandit subitement d'un souvenir qui lui fit perdre une larme. Elle l'essuya d'un revers rapide de la manche. Ni devant son grand-père, ni devant personne, elle ne viderait son sac à merde. Pas en "live", cela ne se fait pas en société, cela fait peur alors elle continuera de chanter "Oui, ça va", "Oui tout va bien", "Oui et toi?" (dans ses moments altruistes), mais guère plus. On ne vide pas ses ordures devant ses voisins. Vous en voyez souvent vous, des gens qui sortent leurs poubelles autre part que dans leur journal intime, autre part que dans des oreilles amies (qui d'ailleurs finissent bien crades de toutes vos misères, malheureuses).
"Non grand-père, tout va bien mais je suis crevée et j'ai encore un exposé à terminer pour demain. J'ai peur de me planter".
"Ah très bien, je croyais que tu déprimais".
"Mais non, enfin , quelle idée...". Mathilde sentit son nez la chatouiller, peut-être que dans son monde, il se serait allongé et une fée à huit jambes aurait pu mordre dans son derrière de dégonflée pour la tirer aux confidences. Mais rien de magique n'existe ici, et rien ne lui donnera le coup de pouce qui la libèrerait de son fardeau. Pas en "live", c'est embarassant. Encore aujourd'hui, le conseil maternel restait vivace,
"Surtout, en société, ne dit rien de ce que tu as dans le coeur, ils ne comprendraient pas."
Cherchant à trouver un contre-argument, à dire non, Mathilde ne put trouver que le vide, la panne d'opinion. Quelque chose essaya pourtant de lui filer un petit coup de main,
"Ils ne comprendraient pas, tu crois?". Sa conscience, elle se prend encore pour une assistante sociale. C'est qu'elle essaie d'utiliser la psychologie, la bougresse. Bide.
Mathilde observe son grand-père qui est tout heureux maintenant qu'elle lui a sorti son mensonge d'une banalité affligeante. De toute façon les contes à dormir debout ne font pas fureur pendant les repas. Tout le monde s'en fout, des contes.
Il est où le monstre, troll, nain ou autre farfadet en cavale qui viendrait courir après ses baskets pour lui dire "Stop, accouche de ta merde, je réceptionne! Vas-y, lance!"?
Non, ça n'existe pas et puis c'est con un monstre. C'est gentil, ça veut bien faire, mais ça reste con au final. La gentillesse est démodée, alors les contes de fée finissent à la poubelle, dans la corbeille de l'ordi. Remballe tes rêves de jolies bestioles en collants bleus et au S gravé sur la poitrine, personne ne te sauvera, demerde toi avec tes utopies. Gomme parci parlà la réalité que tu trouves trop moche, car ni Peter Pan, ni Belle aux bois dormants, ni Père Castor, ni Harry Potter, ni Babar ne viendra te dire de l'ouvrir grand et de gueuler.
Mathilde parle longuement avec ses chers quand ça ne va pas, mais ça ne gueule pas. Bon Dieu! ça ne gueule pas, ça ne pleure pas, la tension reste là.
One day in paradize, quand tout sortira d'un coup et qu'on observera de belles chutes du Niagara, ce sera carrément le pied. "Vivement!" se dit la gueule d'insatisfaite.
Jamais contente celle-là. Tiens, Papy se saisit de la louche.
"Encore un peu de soupe?"
"Oh oui, merci!"
Ah si.
mardi 13 novembre 2007
samedi 3 novembre 2007
mardi 30 octobre 2007
Youhou
Life is great. Pleurer de rires devant les cadeaux rigolos offerts par Tinounou, c'est si bon.
jeudi 18 octobre 2007
Encore un tour
Blasée, ou alors quoi "c'est peut-être le fait d'être malade" m'explique une telle. Bien gentille, mais ça n'a rien à voir.
A croire que ces derniers temps je n'ai pas le droit de me faire de très bonnes soirées sans le regretter amèrement. Le style "c'était tellement bon que maintenant tout le reste me semble morne". Samedi Gridouille était de retour, pour 48 malheureuses heures, parties bien trop rapidement. Samedi, les people étaient rassemblés sur la place du Vigan, à élever la voix à la fréquences des points marqués, moi j'étais avec elle. Les "ooohhhhh" résonnaient de temps à autre, le monde était de sortie, et assises peinardes non loin de là, nous riions de tout coeur, une despé dans la main, la palabre enjouée de se retrouver enfin, de rester dans le petit parc, de bouder l'écran géant parce que le rugby était relayé au second plan. De pouvoir rire à gorge déployée sans jeu ni faux semblants, le mot soirée avait retrouvé sa saveur. Bien, je regrette le bon vieux temps, à croire que les vingt ans m'a mis un sacré coup de viok. Mais oui le vieux temps c'était mieux.
Et puis aujourd'hui le repas des Lettres Modernes organisé par N et moi n'a pas pris la tournure révolutionnaire que j'attendais. Chacun ne ne s'est pas suffisamment approprié la parole, et je ne condamne pas, j'étais du lot. On renonce alors? "Calme, ce n'est pas grave, on s'en fout, ça n'a pas la moindre espèce d'importance". Ah bon. Envie de nouveauté pour combler le meilleur, malheureusement éparpillé un peu partout. Suis ronchonne ce soir, ma baisse de tension me rend hargneuse, sortez vos armures et boucliers. Ah ah ah la pauvre, faut relativiser non?
Non.
Alors bien sûr, la culture c'est génial, se bétonner de références, s'enfoncer dans la lecture et la musique. Jouer du Mudvayne et du Disturbed pour se défouler, c'est très bien mais ça va un temps. Il est où le tournant des vingt ans, de cette deuxième année de LM? Et pourquoi s'être toujours cantonnée à écrire de temps en temps, sans coups de gueule francs? Peur de la lecture, de le relecture et des jugements. Jugements de qui.
Envie de nouveauté complète, d'être déjà à la fin de l'année et de quitter le nid, enfin, depuis le temps que je ronge mon os pour ça. En attendant les cours passent. L'option "Lire le théâtre" est absolument géniale vu que la prof est une vraie passionnée, je suis toute happy d'y aller. On va aller voir des pièces au Garonne à Toulouse et bien sûr dans Albi! Elle a mis au programme des oeuvres que j'adore (misérable s'accroche à ce qui fait son quotidien, j'assume). Je râle, je suis chiante mais le problème c'est que cette année est la rebelotte de l'année dernière. Faut que ça bouge. Qui veut sortir voir des concerts, monter des projets concrets? Toujours les mêmes, et les rencontres restent décevantes. Suis une râleuse, foutez-moi des baffes. J'avais juste imaginer autre chose. Je salue Pauline partie étudier en Turquie. Le pied.
Ce soir, la remplaçante de mon kiné m'a rechauffé le coeur, le genre "ange en vadrouille sur la Terre". Une compatriote de ma région, une grande.(au passage vive les grands). La personne qui te met tout de suite à l'aise et avec qui du tac au tac tu parles de voyages, de zik et d'expo. C'est rare, trop. "Contente de te connaître", la phrase toute bête mais qui à tous les coups te remet du punch dans les veines. Tout ça tourne au récit de vie, mais je suis jeune et les gros coups de gueule m'arrivent aussi. C'est rare mais ça sort violemment quand j'ai trop emmagaziné sans rien laché. Je regarde les photos prises ces derniers mois, l'incipit d'un roman quasi-achevé, heureusement certaines choses bougent encore. Et samedi je prends mon billet de train pour Lille, yiu les chtis!
Il est où le tournant? Rien de neuf, alors? Alors fermer sa gueule et sourire encore.
dimanche 16 septembre 2007
La divine patte KO
A mort l'oïsiveté! (ma soeur me tuerait si elle entendait ça, le rythme prépa ne lui accorde pas ce privilège). Reste que je commence à saturer un peu, beaucoup, passionnément, à la folie! Morbleu! J'ai d'abord essayé de voir ce petit désagrément comme un bienfait, "oui plus de temps pour réviser le latin, oui plus de temps pour lire, pour dormir". Poubelle!
La première semaine, que du bonheur je réalisais que j'aurais pu tomber plus mal, enfin façon de parler. Je savourais les choses simples, comme écouter les oiseaux, regarder les arbres les yeux dans le vague, tout un tas de choses qui peuvent paraître niaises...Et, point capital, je ne faisais plus qu'un avec ma planche à toast, avalant livre sur livre, écrivant à la pelle. Et puis quelques visites at home, des DVS gentiment prêtés, des appels. Mais rien de tout ça ne fatigue. Juste avant ce rétalage nocturne sur la route, j'allais à pied, à vélo (invention sacrée), le bon temps. Maintenant c'est le règne du plâtre, le tyran tout blanc. Résultat j'ai abandonné les béquilles, sautant sur une seule patte pour me crever un peu plus et dormir un minimum. Appeler moi Kangourou. Heureusement que je vais parfois dans le centre, même si ce n'est que pour rester assise au café et faire 200 mètres sur mes trois jambes, au moins je change d'air. Bien sûr il y a la peinture, ça rend la journée plus agréable. En fait, il y a pleins de bons moments et tout va bien. Ma situation n'a rien de dramatique mais pour l'instant je suis en rogne. Je ne vois ma meilleure amie que rarement et ça m'irrite plus que d'habitude, le Nord est vraiment trop loin. Enfin, je vais peut-être l'appeler pour lui demander de me réserver une "chambre" dans l'hôpital psychiatrique où elle fait son stage. Sans rire, il me reste encore douze jours dans ce rythme de vie nouveau. Okay j'aime la nouveauté et le dépaysement mais pas de ce genre là. Vive les bonnes vieilles habitudes finalement.
La première semaine, que du bonheur je réalisais que j'aurais pu tomber plus mal, enfin façon de parler. Je savourais les choses simples, comme écouter les oiseaux, regarder les arbres les yeux dans le vague, tout un tas de choses qui peuvent paraître niaises...Et, point capital, je ne faisais plus qu'un avec ma planche à toast, avalant livre sur livre, écrivant à la pelle. Et puis quelques visites at home, des DVS gentiment prêtés, des appels. Mais rien de tout ça ne fatigue. Juste avant ce rétalage nocturne sur la route, j'allais à pied, à vélo (invention sacrée), le bon temps. Maintenant c'est le règne du plâtre, le tyran tout blanc. Résultat j'ai abandonné les béquilles, sautant sur une seule patte pour me crever un peu plus et dormir un minimum. Appeler moi Kangourou. Heureusement que je vais parfois dans le centre, même si ce n'est que pour rester assise au café et faire 200 mètres sur mes trois jambes, au moins je change d'air. Bien sûr il y a la peinture, ça rend la journée plus agréable. En fait, il y a pleins de bons moments et tout va bien. Ma situation n'a rien de dramatique mais pour l'instant je suis en rogne. Je ne vois ma meilleure amie que rarement et ça m'irrite plus que d'habitude, le Nord est vraiment trop loin. Enfin, je vais peut-être l'appeler pour lui demander de me réserver une "chambre" dans l'hôpital psychiatrique où elle fait son stage. Sans rire, il me reste encore douze jours dans ce rythme de vie nouveau. Okay j'aime la nouveauté et le dépaysement mais pas de ce genre là. Vive les bonnes vieilles habitudes finalement.
jeudi 6 septembre 2007
Galère Tour 2ème round
Trois kilomètres à pied, ça use, ça use,
Trois kilomètres à pied, ça use les béquilles.
Poisse, et moi qui croyait avoir de la chance hier. Rien que pour mon bonheur j'ai visité l'hôpital ce matin et j'en suis ressortie avec une jambe dans le plâtre. Merveilleux, plus que 3semaines emplâtrée, puis 2 en atelle et rééducation, Mmm je sens que je vais m'amuser.
Morale de l'histoire: ne jamais courir et danser la nuit quand on est fonfon. Jamais.
Trois kilomètres à pied, ça use les béquilles.
Poisse, et moi qui croyait avoir de la chance hier. Rien que pour mon bonheur j'ai visité l'hôpital ce matin et j'en suis ressortie avec une jambe dans le plâtre. Merveilleux, plus que 3semaines emplâtrée, puis 2 en atelle et rééducation, Mmm je sens que je vais m'amuser.
Morale de l'histoire: ne jamais courir et danser la nuit quand on est fonfon. Jamais.
mercredi 5 septembre 2007
Galère Tour terminé
Motivée comme jamais à me trouver un autre mentor que moi-même, je m'évertuais à trouver un être qui me donnerait des cours de guitare sèche. Ah oui, on m'avait caché que c'est foutrement difficile de trouver un professeur dans cette bourgade. Ou est-ce moi qui suis trop vieille (la recherche du premier cheveu blanc approche). J'ai beau m'y être prise à l'avance, j'apprenais la semaine dernière que "Oh désolé il n'y a plus de place", c'est ça oui avouez qu'à bientôt vingt balais je ne suis pas un choix de première qualité pour l'Ecole de Musique. C'est vrai aussi qu'il y a très peu de places disponibles et que ça leur fait aussi peu plaisir qu'à moi. Et le poireautage, humf! à chaque fois les quelques compatriotes de file d'attente et moi, nous nous prenions de gentilles vestes, "Pas de place, pas de place, pas de place", chanson damnée!
Je venais de terminer ma partition de 2ème année quand j'ai commencé à chercher, mais à vrai dire ils s'en fichaient royalement ces gens, et n'ayant jamais pris de cours en école, on me proposait...
Premier choix: un cours avec deux moufflets de onze ans avec les débutants (et avec la partition enfant qui va avec bien sûr, ornée de jolis dessins pour bébés), à l'aide!
Deuxième choix: payer 25 euro pour 45minutes avec un prof, non mais ils sont fous, ok ils doivent gagner leur vie mais je crie à l'injustice quand même.
Troisième choix: me résigner, et maudire tous les professeurs non compatissants.
Mais aujourd'hui j'ai dû plaire à la chance. Une vague connaissance m'a proposé un prix d'ami, et une école vient d'appeler pour m'avertir qu'une place s'est libérée. Je commence dans une semaine, n'empêche que trouver chaussure à sa patte reste une énorme galère. Il y a pas mal de demi-portions qui ne pourront pas faire d'instrument. A moins d'y mettre le prix même les plus jeunes ont du mal à trouver un cours. Le frérot attend depuis deux ans qu'une place se libère en guitare électrique et maintenant quasi-sûr qu'il n'en fera jamais il voudrait la vendre. (et merde...). Il me reste à le convaincre que d'apprendre seul c'est fun aussi.
Inscription à :
Articles (Atom)