jeudi 18 octobre 2007

Encore un tour


Blasée, ou alors quoi "c'est peut-être le fait d'être malade" m'explique une telle. Bien gentille, mais ça n'a rien à voir.
A croire que ces derniers temps je n'ai pas le droit de me faire de très bonnes soirées sans le regretter amèrement. Le style "c'était tellement bon que maintenant tout le reste me semble morne". Samedi Gridouille était de retour, pour 48 malheureuses heures, parties bien trop rapidement. Samedi, les people étaient rassemblés sur la place du Vigan, à élever la voix à la fréquences des points marqués, moi j'étais avec elle. Les "ooohhhhh" résonnaient de temps à autre, le monde était de sortie, et assises peinardes non loin de là, nous riions de tout coeur, une despé dans la main, la palabre enjouée de se retrouver enfin, de rester dans le petit parc, de bouder l'écran géant parce que le rugby était relayé au second plan. De pouvoir rire à gorge déployée sans jeu ni faux semblants, le mot soirée avait retrouvé sa saveur. Bien, je regrette le bon vieux temps, à croire que les vingt ans m'a mis un sacré coup de viok. Mais oui le vieux temps c'était mieux.
Et puis aujourd'hui le repas des Lettres Modernes organisé par N et moi n'a pas pris la tournure révolutionnaire que j'attendais. Chacun ne ne s'est pas suffisamment approprié la parole, et je ne condamne pas, j'étais du lot. On renonce alors? "Calme, ce n'est pas grave, on s'en fout, ça n'a pas la moindre espèce d'importance". Ah bon. Envie de nouveauté pour combler le meilleur, malheureusement éparpillé un peu partout. Suis ronchonne ce soir, ma baisse de tension me rend hargneuse, sortez vos armures et boucliers. Ah ah ah la pauvre, faut relativiser non?
Non.
Alors bien sûr, la culture c'est génial, se bétonner de références, s'enfoncer dans la lecture et la musique. Jouer du Mudvayne et du Disturbed pour se défouler, c'est très bien mais ça va un temps. Il est où le tournant des vingt ans, de cette deuxième année de LM? Et pourquoi s'être toujours cantonnée à écrire de temps en temps, sans coups de gueule francs? Peur de la lecture, de le relecture et des jugements. Jugements de qui.
Envie de nouveauté complète, d'être déjà à la fin de l'année et de quitter le nid, enfin, depuis le temps que je ronge mon os pour ça. En attendant les cours passent. L'option "Lire le théâtre" est absolument géniale vu que la prof est une vraie passionnée, je suis toute happy d'y aller. On va aller voir des pièces au Garonne à Toulouse et bien sûr dans Albi! Elle a mis au programme des oeuvres que j'adore (misérable s'accroche à ce qui fait son quotidien, j'assume). Je râle, je suis chiante mais le problème c'est que cette année est la rebelotte de l'année dernière. Faut que ça bouge. Qui veut sortir voir des concerts, monter des projets concrets? Toujours les mêmes, et les rencontres restent décevantes. Suis une râleuse, foutez-moi des baffes. J'avais juste imaginer autre chose. Je salue Pauline partie étudier en Turquie. Le pied.
Ce soir, la remplaçante de mon kiné m'a rechauffé le coeur, le genre "ange en vadrouille sur la Terre". Une compatriote de ma région, une grande.(au passage vive les grands). La personne qui te met tout de suite à l'aise et avec qui du tac au tac tu parles de voyages, de zik et d'expo. C'est rare, trop. "Contente de te connaître", la phrase toute bête mais qui à tous les coups te remet du punch dans les veines. Tout ça tourne au récit de vie, mais je suis jeune et les gros coups de gueule m'arrivent aussi. C'est rare mais ça sort violemment quand j'ai trop emmagaziné sans rien laché. Je regarde les photos prises ces derniers mois, l'incipit d'un roman quasi-achevé, heureusement certaines choses bougent encore. Et samedi je prends mon billet de train pour Lille, yiu les chtis!

Il est où le tournant? Rien de neuf, alors? Alors fermer sa gueule et sourire encore.

dimanche 16 septembre 2007

La divine patte KO

A mort l'oïsiveté! (ma soeur me tuerait si elle entendait ça, le rythme prépa ne lui accorde pas ce privilège). Reste que je commence à saturer un peu, beaucoup, passionnément, à la folie! Morbleu! J'ai d'abord essayé de voir ce petit désagrément comme un bienfait, "oui plus de temps pour réviser le latin, oui plus de temps pour lire, pour dormir". Poubelle!
La première semaine, que du bonheur je réalisais que j'aurais pu tomber plus mal, enfin façon de parler. Je savourais les choses simples, comme écouter les oiseaux, regarder les arbres les yeux dans le vague, tout un tas de choses qui peuvent paraître niaises...Et, point capital, je ne faisais plus qu'un avec ma planche à toast, avalant livre sur livre, écrivant à la pelle. Et puis quelques visites at home, des DVS gentiment prêtés, des appels. Mais rien de tout ça ne fatigue. Juste avant ce rétalage nocturne sur la route, j'allais à pied, à vélo (invention sacrée), le bon temps. Maintenant c'est le règne du plâtre, le tyran tout blanc. Résultat j'ai abandonné les béquilles, sautant sur une seule patte pour me crever un peu plus et dormir un minimum. Appeler moi Kangourou. Heureusement que je vais parfois dans le centre, même si ce n'est que pour rester assise au café et faire 200 mètres sur mes trois jambes, au moins je change d'air. Bien sûr il y a la peinture, ça rend la journée plus agréable. En fait, il y a pleins de bons moments et tout va bien. Ma situation n'a rien de dramatique mais pour l'instant je suis en rogne. Je ne vois ma meilleure amie que rarement et ça m'irrite plus que d'habitude, le Nord est vraiment trop loin. Enfin, je vais peut-être l'appeler pour lui demander de me réserver une "chambre" dans l'hôpital psychiatrique où elle fait son stage. Sans rire, il me reste encore douze jours dans ce rythme de vie nouveau. Okay j'aime la nouveauté et le dépaysement mais pas de ce genre là. Vive les bonnes vieilles habitudes finalement.

jeudi 6 septembre 2007

Galère Tour 2ème round

Trois kilomètres à pied, ça use, ça use,
Trois kilomètres à pied, ça use les béquilles.

Poisse, et moi qui croyait avoir de la chance hier. Rien que pour mon bonheur j'ai visité l'hôpital ce matin et j'en suis ressortie avec une jambe dans le plâtre. Merveilleux, plus que 3semaines emplâtrée, puis 2 en atelle et rééducation, Mmm je sens que je vais m'amuser.

Morale de l'histoire: ne jamais courir et danser la nuit quand on est fonfon. Jamais.

mercredi 5 septembre 2007

Galère Tour terminé


Motivée comme jamais à me trouver un autre mentor que moi-même, je m'évertuais à trouver un être qui me donnerait des cours de guitare sèche. Ah oui, on m'avait caché que c'est foutrement difficile de trouver un professeur dans cette bourgade. Ou est-ce moi qui suis trop vieille (la recherche du premier cheveu blanc approche). J'ai beau m'y être prise à l'avance, j'apprenais la semaine dernière que "Oh désolé il n'y a plus de place", c'est ça oui avouez qu'à bientôt vingt balais je ne suis pas un choix de première qualité pour l'Ecole de Musique. C'est vrai aussi qu'il y a très peu de places disponibles et que ça leur fait aussi peu plaisir qu'à moi. Et le poireautage, humf! à chaque fois les quelques compatriotes de file d'attente et moi, nous nous prenions de gentilles vestes, "Pas de place, pas de place, pas de place", chanson damnée!
Je venais de terminer ma partition de 2ème année quand j'ai commencé à chercher, mais à vrai dire ils s'en fichaient royalement ces gens, et n'ayant jamais pris de cours en école, on me proposait...

Premier choix: un cours avec deux moufflets de onze ans avec les débutants (et avec la partition enfant qui va avec bien sûr, ornée de jolis dessins pour bébés), à l'aide!
Deuxième choix: payer 25 euro pour 45minutes avec un prof, non mais ils sont fous, ok ils doivent gagner leur vie mais je crie à l'injustice quand même.
Troisième choix: me résigner, et maudire tous les professeurs non compatissants.

Mais aujourd'hui j'ai dû plaire à la chance. Une vague connaissance m'a proposé un prix d'ami, et une école vient d'appeler pour m'avertir qu'une place s'est libérée. Je commence dans une semaine, n'empêche que trouver chaussure à sa patte reste une énorme galère. Il y a pas mal de demi-portions qui ne pourront pas faire d'instrument. A moins d'y mettre le prix même les plus jeunes ont du mal à trouver un cours. Le frérot attend depuis deux ans qu'une place se libère en guitare électrique et maintenant quasi-sûr qu'il n'en fera jamais il voudrait la vendre. (et merde...). Il me reste à le convaincre que d'apprendre seul c'est fun aussi.

lundi 27 août 2007

Sick of goodby's


Un jour, en feuilletant un magazine je suis tombée sur une photo en noir et blanc de Robert Frank, intitulée "Sick of goodby's". C'était d'actualité, méchamment synchro avec la réalité.
Il y a quelques mois j'en ai peint ma version, maintenant accrochée au mur de ma chambre pour faire office de déco. Mais aujourd'hui j'ai envie de le décrocher, de le ranger dans mon placard-foutoir, car le s..... est de nouveau d'actualité. Aujourd'hui, j'ai passé la journée avec une amie dont le départ approche. Ce soir, dans la demeure de cette demoiselle, ce bon p'tit repas chaleureusement offert était différent. J'en ai dégusté le moindre p'tit pois, pour profiter.
Discussions bien sûr, rires, mais en sortant de chez elle à la nuit tombante, la mélancolie a commencé à naître. Me voilà revenue chez moi, nous sommes toutes les deux tristes, voilà je suis triste.

Oh! reprends-toi! C'est pas si loin (rhumhumhum). Pas grave, train, carte 12-25ans je vous baise les pieds!

samedi 11 août 2007

Holidays, holidays...


Silent City, Malte.

Août, ouah, nous sommes déjà en Août. A la veille de mon départ pour l'Espagne je suis tout sourire. Depuis samedi, me voici de nouveau sur Albi, diable je t'aime ville. Bourrée de souvenirs, d'aprems cafés, d'aprems sur l'herbe de Rochegude, s'esclaffant du ridicule d'un bonheur si simple et si bon, de soirées... Elle est lointaine l'époque où je... n'appréciais pas du tout Albi. Mais ça fait maintenant pile trois ans que je suis là, deux ans que j'en profite vraiment, acceptant cette nouvelle vie par la rencontre de gens géniaux qui m'ont permis de la tolérer, puis de l'aimer.
De retour depuis samedi, après le camping avec les potes et les deux semaines à Malte amplement festives, ma tête ne demande qu'à se reposer. C'est toujours bon de retourner chez soi quand on a beaucoup bougé. Depuis une semaine, mes activités se résument donc à suivre les directives de l'animal paresseux, à apprécier les choses les plus simples du quotidien et à voir des têtes aimées pour passer agréablement le temps, voguant ici et là dans les rues d'Albi. D'ailleurs, je crois avoir croisé hier quelqu'un que j'ai connu, coup d'oeil trop bref, je n'en suis pas sûre. J'ai le rythme de vie un peu à l'envers, laissant avec plaisir mes insomnies dominer les nuits de ces vacances. Le pied!
Le cappucino fait maison fume à côté de l'ordi (foutu engin qui a dû être réinitialisé après plantage général, et qui a emporté toutes mes photos et beaucoup de textes dans la tombe ...avant de renaître, l'enfoiré).
Damnation, qu'il est bon de glander sur sa planche à bronzette (ô planche à toasts), de lire comme une goinfre et de discuter de tout sujet avec les membres d'une famille qui ne s'est pas non plus fait prier pour faire la fête à haute dose. Ecouter les anecdotes des autres, raconter les siennes, écrire, répondre aux lettres. Et forger profondément dans ma caboche l'idée que cette année se devra d'être plus studieuse. Elle le sera, la bougresse! Des projets nourrissent ma motivation. L'un d'entre eux me relie d'ailleurs à un certain jeune homme qui se reconnaîtra et que j'ai fortement apprécié de revoir hier. De constater avec plaisir que les mots tiennent leurs promesses parfois.

Sourire parce que ceux qui sont toujours dans le Nord, mes chers et tendres, sont encore là :)
M&M'Zzzzzz

vendredi 10 août 2007

J'étais partie pour autre chose mais...

Du haut de sa cinquantaine bien tassée, Madame Cassia aime regarder le monde. Nous autres, captifs de nos voitures, alors qu'en pleine rêverie nous observons les nuages, pouvons l'apercevoir parfois. Immobile, on l'appelle l'observatrice. Combien de fois sommes nous passés devant elle et sa maison violine sans les voir.
A cette heure, la dame Cassia enfile ses chausses de pantouflarde et d'un pas fervent, marche vers l'entrée de sa demeure. Préalablement positionnée, la chaise au tissu jaune pisse l'attend à l'extérieur devant l'entre de sa coquille. Ses vieux os, effrayés par l'expédition et par la souplesse qu'exige l'accès du malheureux dos au poste d'observation, grincent un peu. L'étape achevée, elle s'assoit plus profondément dans la chaise avec lenteur. Dans cette chaise méticuleusement placée devant sa porte d'entrée, grande ouverte. De là, de cette sublime création tout en chêne, elle a vue sur les environs et c'est ça qui la branche Madame Cassia. Chaque jour, la dame obéit donc à son habitude et regarde passer les voitures. N'ayant d'autres distractions que celle de regarder le passage des bolides polluants, elle a appris à tirer de celle-ci un plaisir des plus simples. La tourte aux champignons sur laquelle se retrournaient autrefois ses narines affamées, n'ont désormais plus goût que pour le dioxyde de carbone et les vrombissements qui le décore. Lorsqu'elle aperçoit un nouveau modèle de voiture, ses orteils s'émoustillent d'une même vigueur et s'agitent sur la piste de danse de sa chair flétrie. La dame étire alors un sourire de carnassier et salive autant qu'un loup à la vue d'un randonneur. Les pieds dans le vent, comme sur une plage où les p'tits people d'une autre trempe se farcissent au soleil, Madame Cassia bronze ses pieds blanc. Aux UV de dioxyde, cela va sans dire, car Madame ne s'expose pas au soleil, non. Elle porte fièrement le béret la protégeant du vil soleil. Ses narines, elles, dégustent à tout poil les pots d'échappement à roulettes.
Néanmoins, sans la moindre rancoeur écologique, ce spectacle lui chante de l'amour à l'humeur, et elle affiche un sourire béat. Madame vis, Madame souris. Une morale au ras de l' assiette, une morale simple en somme et dont les composants, mots trop simples, n' intéresse personne. Humains. Hou hou mains, levez-vous! Alors tous petons en l' air, adossés à la seconde chaise posée devant elle, Madame Cassia regarde les gens filer. Filer de l' étroit passage qui traverse son village à elle, son lieu dit de personne. D'elle seule, de son rat blanc et de sa bouche ankylosée de solitude. Madame Cassia savoure la route qui l' attache encore à la civilisation humaine. Elle ne tient que par ce macadam puant de trafic. Si cette route n'était pas fréquentée par les hommes, elle sentirait bon, cette route. Question nature, oui Madame, ça sentirait meilleur, mais qui se rappellerait alors de la p'tite dame. Elle serait calme et paisible, la route. Elle transformerait Madame Cassia en affreux et horrible bonhomme des neiges. Alors, seule, elle serait la proie d'une étrange bestiole. Monstre de Frankenstein rejeté par MessieursDames Monde, rencontreraitcette Madame Gorille des brumes montargnardes et qui sait... Mais de cela nous nous saurons jamais rien. Ou imaginons... la maison de Madame Cassia serait un véritable petit paradis, dont les herbes coloniseraient peu à peu le chemin humain. Monstre de Professeur Dingo et Madame longs poils blanc vivraient heureux, oui je le veux! Les broussailles recouvreraient la preuve de leur passage, et seule comme Eve aux prémisses du monde, elle serait heureuse sans savoir pourquoi. Bien sûr Madame Lavabo s'ennuierait et Madame commettrait l'erreur de demander trop. Monstre de Frankenstein ne voudrait pas aller chez le diététicien, et Madame Cassia déçue, s' emmerderait. Le vice attendu viendrait tardivement et le crime la charmerait gentiment. Progressive est l'évolution vers l'au delà. Sur son transat jaune pisse, elle pensera avec une exaltation sans nom, au façon de faire cuire la tronche de ce marmot pas beau. Finalement elle se jetterait sur le vice, la route de l'ailleurs. Ainsi appelait-on la tentation dans l'Ancien Temps, paraît-il... Elle se jetterait dessus avec avidité, m'a t-on dit. Comme Eve s' était jetée sur la promesse faite par le serpent. La mort de l'Ancien monde, et la naissance du nouveau ou du Néant.
La route, sinueuse et viciée du serpent, offrant le changement attendu, appelle alors cette mignonne et gentille Madame Cassia. La malheureuse, aveugle d'espoir, comme nous le sommes tous, se jettera avidement dessus, avant que celui-ci ne la tue. Ressusciteras-tu Madame Cassia? Ou le Saint et promis Paradis te filera t-il entre les doigts comme la route vers une autoroute à laquelle tu n' as pas droit. Loin et ailleurs de tout ce qui t' es connu.
Dix minutes plus tard, Madame Cassia se fait renverser. Ce véhicule bourré de mensonges et de désillusions dont l'homme a gavé le large coffre, a emprunté le serpent. Le serpent fuit encore et les hommes, toujours plus nombreux l'emprunteront éternellement, aplatissant toujours plus, la vieille peau de Madame Cassia.

Serpent ou la Route du Paradis.